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Leila Djedidi – vivre et s’épanouir avec un TDAH et un Haut Potentiel (HPI)

Vous êtes adulte TDAH, ou parent d’un enfant concerné par le TDAH ? Découvrez l’interview de Leila Djedidi, coach pour femmes atypiques, elle-même concernée par le TDAH (Trouble Déficit de l’Attention / Hyperactivité) et le Haut Potentiel (HPI).

C’est en se posant des questions pour sa fille que Leila a découvert à 29 ans son profil atypique, et qu’elle a appris à mieux comprendre sa différence.

Elle revient avec nous sur son parcours scolaire et la manière dont elle vivait sa différence étant plus jeune. Aujourd’hui maman de 2 petites filles, elle nous parle de sa parentalité avec douceur et bienveillance, nous permettant ainsi de prendre un peu de hauteur sur nos difficultés du quotidien.

Mon objectif à travers ces interviews est de mettre en lumière des parcours d’adultes concernés par le TDAH, qui ont surmonté leurs difficultés liées aux manifestations de leur trouble et se sentent aujourd’hui épanouis avec leur neuroatypie..

Note : j’ai mis la vidéo de l’interview en fin d’article (elle dure 40 min!). La qualité du son et de la vidéo n’est vraiment pas top mais la douceur et l’authenticité de Leila sauront vous séduire.

Qui est Leila ?

Je m’appelle Leila Djedid, j’ai 32 ans et  j’habite à Genève en Suisse. Je suis maman de deux petites chipies.

Actuellement j’accompagne les femmes divergentes, atypiques, à sortir de leur insatisfaction chronique et je les aide à se lever le matin en mode « Je suis heureuse d’être qui je suis, et d’être 100 % moi même ». 

Les divergentes ce sont des femmes qui ont un TDAH, ou qui sont HP, multi potentiel, hypersensibles,… en tout cas qui se sont senties différentes une grande partie de leur vie et pour qui ça a posé problème.  Elles ont dû mettre en place des mécanismes et veulent aujourd’hui revenir à elles même, et faire la paix – enfin -avec qui elles sont.

Son parcours jusqu’au diagnostic TDAH 

Toi même tu as un TDAH. Raconte-nous ton parcours par rapport au diagnostic du TDAH et la reconnaissance de ton Haut Potentiel (HPI)

Toute ma vie j’ai senti que j’étais différente. J’ai longtemps essayé de comprendre pourquoi j’avais cette sensation.

C’est en devenant maman, et en voyant les comportements de ma fille aînée (elle est intense et explose très souvent), que j’ai essayé de chercher des solutions pour l’aider.

Je me suis rapidement orientée vers le Haut Potentiel avec la lecture du livre « Trop intelligent pour être heureux” (Jeanne Siaud-Facchin). Ce livre m’a vraiment marqué et je n’ai d’ailleurs pas réussi à le finir. C’était trop lourd émotionnellement.

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Pour moi, ce que je lisais était tellement négatif et en même temps je me reconnaissais… je me suis dit que s’il y a autant de charge émotionnelle, c’est qu’il y a forcément quelque chose à creuser.

J’ai d’abord fait un test QI, et la psy m’a rapidement orienté vers un trouble de l’attention. Je ne connaissais pas le TDAH, du coup je ne me reconnaissais pas. 

C’est vrai qu’on à l’image de l’enfant hyperactif en classe, le petit garçon qui fait souvent n’importe quoi, qui est tout le temps agité… et j’en avais dans ma classe : je me reconnaissais pas du tout…

J’ai finalement davantage creusé cette piste.

Et en allant voir en fait ce qu’est vraiment le trouble du déficit d’attention, qui n’est pas vraiment un manque d’attention mais plutôt trop d’attention dans certains domaines, là je suis dit : “Waouh ça me parle en fait tout ça !” 

Mon diagnostic a finalement été posé par la suite, en 2017.

J’ai donc un haut potentiel combiné à un TDAH…enfin plutôt freiné par le TDAH 😉

Donc en 2017 tu avais 28, 29 ans, et avant ça tu pensais juste que ton fonctionnement était différent mais sans te dire que ça pouvait être lié à un trouble ?

La découverte du Haut Potentiel, et la psychologue qui m’a orienté vers le TDAH m’ont permis d’en être là aujourd’hui.

Avec le recul, j’ai retracé mon enfance et j’ai pris conscience que j’avais un sentiment de décalage et de différence. Il y avait beaucoup de signes mais à l’époque c’était pas autant connu qu’aujourd’hui. 

Aujourd’hui, il y a beaucoup de gens qui viennent me voir en me demandant s’ils doivent faire les tests.  Moi j’avais vraiment besoin de le faire. J’avais besoin de clés pour comprendre qui je suis, quelle est mon identité.

Mais ce n’est pas forcément le cas pour tout le monde. Si on ne ressent pas ce besoin, on n’a pas forcément besoin d’aller plus loin et c’est OK.

Le but n’est pas de rester dans une étiquette mais de réussir à rebondir, plutôt que de s’en servir d’excuse et se fermer des portes

Une fois que tu as eu le diagnostic, j’imagine que  tu t’ai refait certaines scènes en te disant “Ah mais c’était donc ça!!” 

Oui! Surtout que j’étais une petite fille qui s’ennuyait beaucoup beaucoup, surtout à la maison parce qu’à l’école il y avait toujours des choses à faire.

Et c’est vrai que j’ai retrouvé cet ennui chez ma fille, qui toutes les cinq minutes vient me dire “Je m’ennuie !”. J’essaye de l’aider mais elle se lasse vite. Il faut qu’il y ait constamment de la nouveauté, que ça bouge et que ça pétille. 

Autre exemple : je me rappelle très bien d’une journée où il pleuvait. 
On était resté enfermé à la maison et c’est vrai que j’avais besoin de bouger, j’avais besoin d’extérioriser,… et le fait de m’ennuyer et de ne rien faire ça a crée une super angoisse qui faisait qu’après je faisais n’importe quoi pour attirer l’attention, pour qu’il se passe quelque chose : je cherchais mon petit frère, ma petite soeur, je faisais des bêtises et n’importe quoi qui me permette d’extérioriser ce mal être que je ne savais pas verbaliser à l’époque.

Rétrospectivement, j’ai pu voir qu’effectivement je m’ennuyait et aujourd’hui je comprends ma mère !

Aujourd’hui j’ai vraiment les deux parcours, celui d’enfant et celui de parent.

Et en tant que maman c’est super douloureux parce qu’on veut que nos enfants soient heureux. On pense qu’ on est responsable de leur bonheur.

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Accepter nos enfants, tels qu’ils sont

L’hypersensibilité

Je sais que c’est un vrai challenge, mais essayez d’accepter la sensibilité de votre enfant !

Par exemple les étiquettes qui grattent ! En tant que parent on va dire : tu es trop sensible, tu le fais exprès,…et finalement on va penser “il le fait contre moi, c’est pour me rendre chèvre !” 

Mais en tant qu’enfant, on ne le fait pas du tout dans ce sens. Notre réaction exprime vraiment ce qu’on vit là, tout de suite.

Et à force d’entendre les adultes et l’entourage dire que c’est exagéré, que c’est faux,… c’est à ce moment qu’on commence à se dire qu’il y a un problème et à ne plus faire se confiance dans ce qu’on ressent et dans ce qu’on pense.

On se dit “en fait quand je pense comme ça, quand je suis comme ça, c’est toujours trop. Il y a quelque chose qui ne va pas chez moi”.
En grandissant, ça a été un gros problème pour moi.

Se remettre en question dans notre rôle de parent

J’aimerai en profiter pour passer un autre message aux parents d’enfants TDAH : il est important de chercher pour quelle raison certaines situations nous challengent autant. Pourquoi on n’y arrive pas.

Par exemple l’hypersensibilité: ils (nos enfants) sont dans les sensations tout le temps et ne savent pas gérer cette tempête émotionnelle. Et bien si ça nous challenge tellement, et alors c’est qu’il y a peut-être quelque chose qu’on nous a répété lorsque nous étions nous-même enfants, qu’on a intégré. On le répète donc aujourd’hui naturellement à nos enfants.

Souvent c’est par peur : on a peur pour nos enfants et ce qui risque de leur arriver plus tard, comment ils vont être.

S’ils sont trop sensibles alors on va essayer de les endurcir pour les préserver. Alors qu’au final c’est en les accueillant et en les accompagner vraiment qu’on leur fait le plus beau cadeau. 

Le plus important est de les aider à s’aimer, à s’aimer dans cette divergence, dans cette différence en fait, qui parfois pour eux mêmes est compliquée. 

Développer leurs talents

En grandissant ils vont voir qu’ils ne sont pas pareil que les petits copains que les petites copines, et ils vont peut-être juste pas le verbaliser. Mais ils intègrent au fur et à mesure cette différence. 

Et si au moins à la maison on les laissait être qui ils sont à 100%. On peut les encourager en leur disant “C’est pas grave, tu es beau, tu es belle, peu importe que tu ait ramené une mauvaise note, peu importe que tu n’arrives pas à te concentrer plus que ça… peu importe les crises” 

C’est de ramener l’amour et leur dire qu’ils sont bien tels qu’ils sont. 

C’est dingue parce qu’il y a des environnements où le TDAH n’apparaît plus du tout. Quand nos enfants sont dans leur passion, ils ne sont plus agités, ils sont focus et super attentifs,… ils sont bien en fait !

C’est important de les ramener à chaque fois dans les zones où ils sont bons et où ils se sentent bien, même dans certains endroits qui peuvent nous paraître bizarre pour nous, adultes….

Je pense qu’il y a vraiment des  talents à développer plutôt que rabaisser ce qui nous semble peu utile ou peu important.

Je me souviens lorsque j’étais à l’école de droit, il y avait des domaines qui ne m’intéressaient pas et c’était vraiment douloureux d’être à certains cours. Je me demandais pourquoi j’étais là ! Alors que d’autres domaines me passionnaient : l’art, les langues,.. ça allait tout seul et j’y allais joyeusement, alors que les pour les autres c’était une souffrance !

Je recommande vraiment d’accompagner ses enfants à découvrir et exploiter ce dans quoi ils sont bons

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Le parcours scolaire avec un TDAH et un haut potentiel

Pendant longtemps j’ai réfuté l’idée d’avoir un haut potentiel. Je me disais “mais d’où tu penses que tu es surdouée

J’avais eu dans ma classe des très bons élèves qui avaient 6/6 (ou 20/20 en France). Ils étaient constamment les meilleurs et ils avaient l’air de tout maîtriser. Par contre au niveau social c’était souvent des enfants qui avaient plus de mal.

Mais effectivement on peut être haut potentiel et ça ne veut pas dire qu’on est bon partout. C’est juste un fonctionnement différent au niveau du cerveau. C’est un mode de pensée en arborescence, avoir beaucoup de pensées, faire des liens,…  

Mais c’est vrai que personnellement je démarrais toujours bien l’année scolaire parce que c’était nouveau, parce qu’il y avait des nouveaux élèves, parce que tout était nouveau… C’était une ambiance de rentrée que j’adorais. 

Et puis souvent à partir de décembre c’était la cata parce que je m’ennuyais, je n’avais plus envie,… Et ensuite je redonnais un petit coup de boost pour finir l’année, suite aux réunions avec les parents,… donc en effet, j’étais une élève moyenne, très bonne dans les domaines qui me plaisait et mais avec des moins bons résultats dans d’autres.

Typiquement, j’avais beaucoup de mal à faire mon travail à l’avance. 

Je faisais les choses à la dernière minute, j’étais du genre à faire mes devoirs avant de partir le matin.

Je me rappelais tout à coup que que je n’avais pas fait mes devoirs de maths, ou bien  juste avant de rentrer dans la classe je recopiais les devoirs de ma copine parce que j’avais  complètement zappé de les faire. Quand ça ne me plaisait pas, ça devenait difficile. Je devais donc fournir beaucoup plus d’efforts.

Faire les devoirs en groupe, par exemple, ça m’aidait énormément. De ne pas être seule devant ma feuille. 

Ou d’utiliser les récompenses également, et ça je le fais encore aujourd’hui! Je me dis : ”OK…t’as trop envie de sortir, trop envie de regarder une série, mais là tu as ce truc à faire absolument…alors prévois toi une récompense!” Et en général ça fonctionne bien!

Par la suite, j’ai fait des études d’architecture d’intérieur. Et j’ai compris que mon niveau d’ennui en classe était bien supérieur à celui de mes copines. On se dit que tout le monde s’ennuie, mais c’est encore un autre niveau.

Par exemple, j’avais un professeurs qui était très âgé et qui mettait des heures à brancher l’ordinateur, l’allumer, présenter son cours…on aurait dit que le temps s’était arrêté ! Et même si les autres filles se plaignaient un peu, elles arrivaient à s’occuper. Alors que moi, je trouvais tellement inutile d’être ici que je ne venais plus à ce cours. Parce que si je n’étais pas là pour écouter le cours, alors ça ne servait à rien d’être ici. Donc je n’avais qu’une envie, c’était de rentrer.

Du coup, j’avais beaucoup d’absentéisme. C’était tellement difficile pour moi d’aller à ce cours que je préférais dire que j’étais malade, ou inventer un bobard pour éviter d’y aller. C’était une souffrance. 

Et c’est là ou j’ai vu la différence entre ceux qui râlent mais qui arrivent très bien à faire avec, et ceux pour qui ça en devient anxiogène 

Donc parfois, même si vos enfants sont trop intenses, ou en tout cas plus intense que la moyenne,  il y aura toujours des parents qui diront “oui mais le miens aussi fait des crises, le mien aussi n’aiment pas telle ou telle activité, il n’aime pas faire ses devoirs,...” mais il faut comprendre que pour nous c’est tout le temps, et avec intensité. 

Et pour moi cette intensité est le facteur clé du TDAH.

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La gestion des émotions au coeur du TDAH

Bien qu’on parle souvent des oublis ou de l’hyperactivité, pour moi la gestion des émotions est le cœur du TDAH.

On parle des enfants qui explosent, pour qui les émotions paraissent tellement énormes qu’ils n’arrivent pas à se contenir. Alors ça sort en volcan, soit en pleurs, soit en cris, soit ils vont se faire du mal à eux même, se dire des mots terribles, et voir leur confiance en eux baisser….

Je me rappelle très bien de toutes ces situations de mon enfance. Et du coup, à chaque fois qu’il se passe quelque chose avec ma fille, il y a l’effet miroir qui vient me challenger.

C’est bien d’aider nos enfants à mieux gérer leurs émotions en travaillant dessus nous-même en tant qu’adulte. 

Tous les jours, j’accompagne ma fille à se reconnecter à elle-même, à se mettre moins de pression, et à prendre du plaisir dans ce qu’elle fait.

Par exemple, quand elle avait deux ans, elle venait sans cesse me demander “qu’est ce qu’on fait après? et demain? et après-demain ?”. Le futur l’angoissait beaucoup, donc on lui a fait un petit planning avec des pictogrammes – les images l’aidaient à mieux se repérer. 

L’objectif était qu’elle aille voir son planning sur le frigo plutôt que de venir me solliciter tout le temps. Cette sollicitation constante était vraiment prenante pour moi. 

Aujourd’hui aussi je lui apprends à gérer elle même ses émotions. Quand elle était petite je l’accompagnais beaucoup. Mais maintenant je lui apprends à ne pas m’utiliser comme un tampon émotionnel, qui lui ferait se dire “maman va gérer mes émotions et ça ira mieux”. J’essaie vraiment de l’encourager en lui disant “ok moi je suis là pour t’aider mais d’abord tu vas toi même essayer d’aller voir en toi, d’aller voir comment tu peux trouver une autre solution”.

Mon rôle est de lui donner des pistes avant de lui donner directement une solution, je l’invite à chercher d’abord la solution par elle-même. Et après seulement je l’aide.

Quelques pistes pour mieux gérer le TDAH de son enfant

Pour moi tout est vraiment la notion de l’hypersensibilité : j’ai toujours eu l’impression d’être trop, d’être too much, trop intense,…on me disait “t’es trop ceci, trop cela, trop sensible, trop chochotte,…”

Tout ces “trop” on fait qu’à la longue je me suis diminuée, je ne voulais plus montrer qui j’étais. J’ai essayé d’être forte pour répondre aux attentes de ma famille “il ne faut pas trop montrer ses émotions, il faut être fort, être un guerrier”. Sauf que ça ne fonctionnait pas tout le temps, et au contraire ça m’a desservi par la suite, à vouloir toujours montrer que tout va bien alors qu’au final ça n’allait pas 

Je n’osais pas montrer qui j’étais réellement, j’avais peur de déplaire constamment, et c’est vraiment resté ancré en moi.

Choisir ses combats

En tant que parent, il est important de choisir ses batailles avec ses enfants.

Parfois, ça ne vaut pas la peine de se prendre la tête pour un petit détail. Il est bon de se demander si ces petites choses sont vraiment importantes? Est-ce que dans 5 ans, 10 ans, ça sera décisif dans le parcours de votre enfant?

A l’inverse, il vaut mieux se concentrer sur d’autres choses comme la sécurité. C’est vrai qu’on a des enfants qui se blessent souvent, qui ne voient pas forcément le danger, qui sont assez maladroits, vont se cogner.

En choisissant nos batailles on peut choisir d’enlever la casquette du parent parfait, avec la famille parfaite et les enfants parfaits.

Votre enfant est comme il est. Il a plein de beauté en lui, il a des talents et est pétillant sur plein d’autres choses. Est ce que c’est vraiment essentiel s’il n’arrive pas à rester assis?

Quand il sera adulte, il va se calmer et rentrer dans les ”cases”.

Donc autant l’encourager à s’exprimer et à être pleinement lui-même.

Travailler sur son perfectionnisme parental

Il y a des adultes avec TDAH qui réussissent très bien leur vie, et d’autres moins.

Pour moi la différence se tient vraiment dans l’accompagnement qu’ils ont eu en étant petit, et pour qui c’était tout à fait normal d’être un peu artiste, de faire ce qu’il voulaient, d’explorer… 

Certains parents vont vraiment encourager ça, et d’autres restent très bridés : on doit rentrer dans une case, on ne montre pas ses émotions, il ne faut pas être comme-ci, il faut être comme ça,…et c’est là ou ça peut créer des problèmes par la suite.

C’est très important de travailler sur ce côté perfectionniste en tant que parent, de prendre  bien soin de soi. 

Si notre enfant crie et court partout, on peut rapidement se sentir juger par les autres et on le prend comme une attaque contre soi. 

Je suis passée par là, surtout quand ma fille avait 2 ans, puis plus tard entre 4 et 5 ans: je pleurais un soir sur deux en me disant que ce n’est pas du tout la vie que je voulais. Pour moi, avoir une famille signifiait joie et bonheur, mais là c’était une souffrance.

C’est à ce moment que j’ai commencé à travailler sur moi, prendre soin de moi, et apprendre à lâcher prise  sur mon perfectionnisme. 

J’ai compris que je me mettais moi-même la pression en me disant “tu dois être une maman parfaite”; et bien sûr mon enfant n’entrait pas dans le moule de cette perfection.

J’ai aussi travaillé avec l’entourage (même les grands-parents)  en disant : mes filles sont comme ça. Ce n’est pas grave et moi j’accepte qu’elles soient elles-mêmes.

Et pour partager un peu d’espoir avec les autres parents : les relations avec l ‘entourage peuvent changer. J’ai beaucoup discuté de leur fonctionnement et ils ont commencé à comprendre et à suivre le mouvement. C’est génial !

Prendre soin de soi en tant que parent

 Prendre soin de soi est vraiment important. Et je m’adresse surtout aux femmes qui parfois craquent, et se disent que c’est de leur faute si leur enfant est comme ça “je suis une mauvaise maman” “je n’arrive pas à l’éduquer”

Il est bon de se faire aider, déléguer les tâches, faire garder ses enfants pour prendre du temps pour soi.

C’est important également de créer plus de moments plaisir avec ses enfants : s’asseoir et regarder un bon film avec des pop corn.

Se poser souvent la question : “l’essentiel c’est quoi ?” mon enfant va bien, il a mangé, il est lavé,…  alors tout est OK. Et ce n’est pas grave si ce matin je l’ai déposé 2 min en retard à l’école ou s’il n’a pas fait tous ses devoirs. Il n’y a pas mort d’homme !

J’ai la croyance que si le destin a mis ces loulous sur notre route c’est qu’on est fait pour être avec eux, qu’on a des choses à apprendre et qu’on est les bons parents pour eux.

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Les apprentissages positifs 

Partage nous tes apprentissage positifs de tout ce que tu as vécu en étant plus jeune, et qui font que tu est TOI aujourd’hui.

Mes parents m’ont laissé explorer pas mal de choses (même s’ils me disaient que je ne finissais jamais rien :)). 

J’ai fait pas mal de sport et j’ai aussi pu exprimer ma créativité. Et aujourd’hui je vois plein d’aspect positifs à mon TDAH :

Je suis pleine d’énergie (même s’il faut la canaliser) qui me rend très enthousiaste.

J’avais pris une médication pendant 3 mois qui m’aidait bien, mais j’ai rapidement eu une chute de cheveux (on ne ne sait pas si c’est lié à la médication ou au stress du premier confinement). J’ai donc arrêté d’en prendre.
La médication était une belle expérience et malgré tout j’aime comment je suis finalement. Elle m’a servi de béquille, de reprendre confiance en moi et mes fonctionnements.

J’aime ma créativité, d’avoir beaucoup d’idées et d’être passionnée.

Le TDAH ne m’a pas empêché de réussir mes études (j’ai un bachelor en architecture d’intérieur), et aujourd’hui j’ai même créé mon business.

J’ai fais plusieurs formations et je suis allée au bout à chaque fois, même si c’était compliqué.  Mon entourage m’a été d’un grand soutien surtout lorsque j’avais envie de tout arrêter. 

On peut tout à fait avoir une vie épanouie avec un TDAH et un haut potentiel, quelle que soit l’atypie en fait.

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Focus sur les routines et l’anticipation!

L’importance des routines

Tout ce qui est en routine aide vraiment, qu’on soit adulte TDAH ou pour nos enfants concernés par le TDAH.

Chaque routine permet de cadrer le temps et de mieux se préparer.

Anticiper et préparer

De la même manière, c’est aussi important de préparer vos enfants aux événements en évitant de les mettre sur le fait accompli. Cela leur permet de s’y préparer et de limiter les angoisses.

Je prends l’exemple des surprises : acceptez que vos enfants aient plus de mal avec les imprévus et qu’ils ne réagiront pas forcément de la manière que vous attendiez d’eux. 

Il est inutile de le prendre pour soi, il faut juste accepter que ça fasse partie de leur fonctionnement.

Garder en tête que le but des surprises est de faire plaisir, et de vivre l’instant dans la joie. En tant que parent, on a notre propre projection de l’effet de la surprise, mais il est important d’accepter que notre enfant puisse être déstabilisé.

Où trouver Leila ?

Sur mon profil Facebook : Leila Djedidi (« Je fais souvent des live Facebook sur des thématiques qui parlent surtout aux femmes, mais destinés à tous les adultes divergeants« ) 

Sur Instagram : tdah.au.top

Ma chaine Youtube : Leila Djedidi

Enfin, voici la vidéo complète de l’interview

(Note : je vous livre cette vidéo en brut, sans montage ni retouches. Je vous ai même  laissé mon cafouillage dès les premières secondes, lorsque j’ai mixé le nom de mon blog mieux-vivre-le-tdah et celui d’Anne du blog Le TDAH au Quotidien ! “bienvenue sur mon blog Mieux vivre avec le TDAH au quotidien” 🙂

Hérade

Coach personnel et professionnel | Coach TDAH | Experte Burnout parental

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